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« BAGARRE ! » par Aléric de Gans [Disponible]

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BAGARRE ! par Aléric de Gans

Chroniques & Nouvelles

ISBN : 9782353212538

Format 13×20 | 117 pages | 14 € port inclus | Sortie : mi-avril.

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Ce livre est pour les femmes et les hommes, les vieux et les jeunes. C’est un livre sur tout, jamais sur rien, teigneux et bienveillant, qui sort de la nuit trempé de pluie. C’est un recueil de chroniques au goût photographique, de pamphlets, de nouvelles galopantes. C’est l’écho d’une bagarre ! Quand il y va, il va dur, il ne blague pas.

 Ces textes sont une musique. Ils ont été incrustés dans le papier comme on maltraite une guitare, pour la beauté du son et la force des couleurs. Ils sont une contribution au monde, modeste et radicale, un substitut à tous les dieux épinglés sur le tissu des instants. Ils sont un sacrifice au temps, qui nous manque et nous pousse toujours plus avant.

 Ces mots sont les traces d’une existence, ni plus ni moins.

 

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 L’auteur :

Aléric de Gans est né en 1986 au pied du Mont-Blanc, à Sallanches. Il vit aujourd’hui à Paris.

Entre 2011 et 2014, il a contribué à la revue littéraire Népenthès et au journal Banzaï. 

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Extraits :

On se promenait en ville, la nuit tombée, avec les copains, on avait bu tout ce qui coulait des robinets, la mousse et tout, même le jus des tables, et on rigolait comme ça, comme ceux qu’ont pris des champis, des psilos, des trucs qui mettent la tête d’équerre, et on marchait longtemps, longtemps, jusqu’au-dessus des gares, et on s’assoyait pour boire encore et fumer des trucs pas nets.

On avait les doigts qui sentaient le kebab, jamais le sexe, jamais, parole d’honneur que c’était pas un truc pour nous ! On aimait que marcher sans cesse et s’arrêter dans les bars, même que c’était triste comme vie, mais qu’on rigolait beaucoup. Les gens qu’ont pas peur des mots, ils vont te parler de paradoxe. Nous autres, avec les copains, on disait juste que c’était la kake. Je vous le dis comme on l’écrivait à l’époque : K – A – K – E, à prononcer comme un cake.

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Raid en Vélo’V, stations bondées, galère. C’est le bout de la nuit ! On traverse la gare de la Part-Dieu à 6 heures et des poussières, au milieu des voyageurs en transit qui se dorment dessus. Les bancs ont été conçus pour empêcher les clochards de s’y allonger. C’est le progrès.

 Maison, enfin. Je suis malade, lessivé par ce fragment de vie pure. Le jour se lève sous mes yeux démolis par la fête. Ce soleil, si pâle, qui s’étend sur les immeubles en construction. Ma vie en milieu urbain… Ma jeunesse dans un mouchoir de poche, toute petite et toute froissée, fragile, aussi.

 Combien de temps encore ?

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On attend des typhons japonais pour noyer des Fukushima mondialisés, à longueur de littoral où se garent les touristes, parasol sous le bras et glacière dans le coffre, pour de maigres vacances à la triste odeur d’iode mélangé aux poubelles, aux rejets borborygmes de la restauration de masse, pour sucer du poisson, des fruits de mer, et des glaces sous blister, pour oublier la ville et l’infini voyage du travailleur qui, sous terre ou en bagnole, s’en va gagner de quoi vivre, de quoi rembourser sa télé à crédit pour mater aux infos des murs d’eau japonais qui maltraitent des centrales, réacteurs atomiques aux pieds d’argile, plantés là comme des cuves de poison subissant le front de mer.

 La boucle est bouclée.

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J’avais rendez-vous à vingt-deux heures, rue d’Aboukir. Le bus me déposa tout près et j’y retrouvai Robert Hossein, adossé à une très belle porte-cochère, une main à son cou pour tenir fermé le col de son pardessus. Il me vit et se dressa d’un bond.

- Je vois bien que tu n’entends plus ! se mit-il à gueuler. 

- Robert, j’entends très bien.

- Ah bon !

- Oui, je te jure. 

Il ravala sa déception, me tendit une plaquette publicitaire Audika et composa le code d’accès à l’immeuble. Nous entrâmes dans une cour intérieure typiquement parisienne, avec ses plantes, vertes et grasses, et ses bacs à poubelles. Un chat s’enfuit devant nous.

- Il habite au troisième, souffla mon guide. 

 

 

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